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Ra ra Rasputin

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Cdte. Matriochka
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09/12/1017 ETU 11:43
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RP privé (sauf invitation)
https://www.youtube.com/watch?v=kvDMlk3kSYg
L’administration clandésienne était en pleine restructuration. Il avait fallu absorber beaucoup de mondes lors des derniers cycles. Tous avaient été élevés au titre de Planètes-Arche.
Tram était arrivé à son poste depuis peu, il évoluait au statut très largement sous-payé de stagiaire. Le nouveau chargé de communication au service PGE ( Pillage à Grande Echelle ) du département du Trésor était originaire de Bongkak.
Lors de l’assaut qui vit l’anéantissement des flottes brigandes du PC 2 du système-mère, Tram était à son bureau, dans l’Office du Trésor. Le spectacle terrifiant qu’il découvrait sous ses yeux par la petite fenêtre de sa salle le tétanisa. Fort de son instinct de survie, il se jeta sous son bureau, tout tremblant et vert de peur. Quand les forces d’intervention clandésiennes investirent le bâtiment, un détachement défonça la porte et fit valser le bureau…
Le pauvre Tram se jeta aux pieds des Clandesiens ; on tombait définitivement dans le pathétique.
« Pitiééé … ! Moi é pas collaboré ! Moi é pas collaboré !! Moi é pas collaboré…
- …
- Pitié … Méssiés !
- Lui é pas collaboré ! *Hinhinhinhin* »
Bref, le Peuple Clandesien l’adopta.
Lady Matriochka se permit d’entrer sans frapper.
« Tram ?!
- Oui, vôtre Altesse ? » La Commandante Matriochka était jeune, et la première fois que Tram l’appela son Altesse, elle rit sans contester le titre qui flatta son égo. Depuis, Tram ne s’adressait à elle que par cette formule.
« J’aimerais que tu fasses parvenir un message à notre flotte en système 1. Je te dicte : ordre à vous de taxer la planète Talavica sur votre PC.
- De taxer, vôtre Altesse ?!
- « Piller » dans le langage commun, Tram. » Tram préféra donc utiliser le terme « piller »… Ce n’était qu’un détail, mais qu’est-ce qu’un détail à l’échelle de la Galaxie ? C’est tout.
Cdte. Matriochka
Respect diplomatique : 36

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09/12/1017 ETU 22:01
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Quelque part dans le système 1 ( du secteur 4 )…
Un signal en morse était émis depuis le système 9.
« Jo’ ?! On a reçu de nouvelles instructions de la planète mère.
- Elles disent quoi ?
- C’est très succinct, ça nous dit d’piller la planète Talavica.
- De piller ? T’en es vraiment certain ?!
- Ouais Johnny, j’peux pas en être plus sûr. » Aldrin était sérieux, la main plongée au fond d’un paquet de chips.
Le nom de code qu’ils recevaient en temps normal était « taxer », qui voulait dire piller. Mais « piller » ne voulait pas dire piller, du moins pas au sens ordinaire. C’était un peu plus que piller. Vous comprendrez que nos protagonistes en demeureront troublés jusqu’à commettre l’irréparable.
Johnny Creff était un intellectuel, certainement pas un mercenaire ! Il était ô combien différent de ces hommes qui se sentaient libres parce que non soumis à aucune autorité dans l’espace intergalactique. Ce qui l’avait poussé à s’engager dans la flotte clandésienne, personne ne le savait, mis à part lui.
De l’intellectuel, il en avait tout l’aspect. Il était plus soigné que la plupart des membres de l’équipage, portait une barbe taillée, une veste neuve. Son gabarit n’avait également rien à voir avec celui de ses coéquipiers : on aurait du mal à l’imaginer sur le théâtre des opérations. Il marchait droit, le pas raide, le regard perdu devant lui, il appréhendait déjà ce qui allait suivre.
Dans la cabine du commandant, Callaghan Moss dégustait son whisky sur une banquette flashy. Quand il est comme ça, Callaghan, il ne veut pas être dérangé, sinon ça le broute. Et quand Callaghan est contrarié, à vrai dire, tout le monde en prend pour son grade.
Sa garde rapprochée, composée de ses plus fidèles, était présente dans la salle. Tous étaient très silencieux : c’était Callaghan en train de déguster son whisky quoi !
:toctoctoc : « Mon Général, nous avons reçu de nouvelles instructions.
- Ouais ! Super Jo’ !! Tu m’ravis, on va enfin pouvoir bouger not’cul d’ce foutu champ d’astéroïdes !
- Toutes mes excuses, mon Général, mais… ( il prit une grande inspiration ) nous avons un doute sur la nature de l’ordre reçu…
- Crache le morceau, Johnny ! Tu penses qu’j’ai qu’ça à foutre de ton suspense ?! Que dalle !! Balance, sinon c’est mon verre qu’je vais te balancer à la gueule ! »
L’assistance regardait Johnny sans jeter un seul coup d’œil à l’expression de visage de Callaghan Moss. Il était en train de sortir de ses gongs tandis que l’officier n’en était qu’à sa deuxième réplique. Ils craignaient en réalité tous que le Général mette rapidement son menace à exécution.
« Mon Général, il nous a été ordonné de piller la planète Talavica présente à notre PC.
- Bah ! A l’abordage !! T’as pas d’couilles mon Jo’, tu m’annonces une bonne nouvelle et t’peux pas t’empêcher d’bégayer comme une vulgaire pucelle ! Où est l’problème ?! Éclaire-nous Johnny, toi qu’est plus intelligent qu’tout le monde !
- Certes, il nous a été donné l’ordre de « piller » et non de « taxer » la planète Talavica. Nous ne sommes pas en guerre ! Saccager cette planète et Lady Matriochka devra répondre de ses actes devant le Congrès d’Astore. Tout ça ne lui ressemble pas…
- Qu’est-ce tu vas m’parler d’ce foutu Congrès d’Astore ?! Qu’est-ce j’en ai à foutre de ces foutues fêtes mondaines ?! On m’ordonne de piller, moi j’pille ! T’peux utiliser « certes » à ta guise l’mondain, mais quand y a un ordre qui tombe, et qu’en plus ça m’botte, t’vas pas t’inventer un rôle que d'ailleurs t’as pas et puis m’détruire mon moment !
- … On pourrait … Je ne sais pas, envoyer une demande de confirmation au QG du système le plus proche… ?
- Écoutez-le lui ! Y veut qu’on envoie un gentil message d’confirmation… T’es vraiment con, toi !! Pourquoi t’crois qu’on se cache dans un foutu champ d’astéroïdes ?! On navigue incognito, la pucelle ! Dans la minute où on aura envoyé ton putain de message, t’auras tout le secteur qui saura qu’cette flotte clandésienne, que j’te rappelle que j’suis le capitaine donc l’responsable, navigue sous pavillon brigand. T’peux essayer de m’apprendre la diplomatie, mais j’ai pas b’soin d’toi ni d’tes manières pour savoir quelle boîte d’Pandore j’ouvrirais.
- Je… Je m’oppose à ce qu’on attaque Ta.. Talavica. Je pense que c’est une grave erreur, je sais que Lady Matriochka n’en donnerait jamais l’ordre. Si c’était un détournement de notre système de communication ?! »
Callaghan se contrôla, regarda son verre, et enfin le posa, à contrecœur.
« Johnny ?! Tu peux m’dire c’que j’arbore sur l’épaule ?!
- Et bien.. cinq barres horizontales ?
- Et ça m’confère quel grade, Johnny ?!
- Bien.. vous êtes général, mon Général !
- Et toi ?! Toi t’es quoi ?!
- J’arbore deux barres verticales, donc je suis… »
Callaghan Moss l’interrompit brusquement laissant éclater toute sa colère en postillonnant.
« Toi t’es rien ! Toi t’es une p’tite merde, t’comprends ?! C’est moi qui commande dans c’foutue frégate !! Si j’dis on va en coordonnée 4, on va en coordonnée 4 ! Si j’dis on quitte le système, on quitte le système sur le champ ! Johnny t’entends ?!! Si j’dis tu l’ouvres plus à partir de maintenant, tu fermes ta gueule !!! Même si j’dis va t’faire foutre Johnny, t’comprends, t’obéis !!! »
Johnny Creff passa le revers de sa main sur son visage pour s’essuyer, serra le poing de sa main gauche et baissa les yeux. Callaghan fit valser son verre qui explosa littéralement contre le hublot, s’avança, et enfin, posa une main sur l’épaule de Johnny, puis reprit calmement.
« T’sais Johnny, on s’fait chier dans c’te frégate. Les gars s’ennuient, ils dépriment. C’est quoi être libre si c’est pour s’cacher tout l’temps derrière des gros cailloux ?! On n’est pas des insectes Jo’, tu piges ?! On est un équipage d’action ! T’veux mettre les gars au chômage technique ?! Réfléchis un peu. C’est l’début d’la guerre, mon vieux ! Et avant toute guerre, il y a forcément un artéfact de paix. »
Un détail, c’est tout…
Cdte. Matriochka
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12/12/1017 ETU 11:42
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Callaghan Moss contemplait l’immensité de l’espace à travers le hublot. Migraine ! La gueule de bois ! Pour éponger son impéritie, il buvait. Johnny Creff buvait aussi. Pour noyer son chagrin. Ah ! Qu’est-ce qu’ils étaient minables ! Deux connards dans une cabine, très largement saouls, leur regard perdu dans le vide.
Perdus dans le vide de l’espace, ils l’étaient… Relevés de leur grade, ils étaient escortés par une nouvelle flotte vers Chennei. Ils avaient le droit de garder le silence et d’attendre la mort…
« Johnny ?! T’fais vraiment chier à avoir toujours raison ! … » se lamenta Callaghan. Il ne fit même pas mine de lever son verre en guise de révolte. Johnny ne l’écoutait pas.
« L’mondain, c’quoi la mode déià ?! J’veux dire, t’sais comment qu’on s’occupe des coupables de haute trahison dans l’système 12 ?
- …
- T’es pas très causant Jo’ ! J’te donne l’ordre de rouvrir ta gueule !! J’me demandais s’ils préféraient plutôt nous fusiller, ou bien nous faire sauter la tête des épaules…
- …
- Ouais, j’te comprends, dans les deux cas on s’ra pas là pour témoigner du résultat ! WAHAHAHAHAHArgh’… » Callaghan s’étouffait avec son whisky. Il toussota convulsivement afin d’évacuer la boisson qui venait d’emprunter le mauvais chemin. Hélas, Callaghan Moss ne mourrait pas dans un dernier élan de bouffonnerie. Johnny le regretta.
Des alarmes retentirent soudain dans tout le bâtiment.
Johnny reconnut la procédure d’évacuation. Pris de panique, il se tourna vers Callaghan.
« Une évacuation ! Nous sommes attaqués !
- Yeah’ ! Tous à vos postes de combat ! WAHAHAHAHAHA » Il n’essayait même plus de se contenir, son rire couvrait littéralement le bruit même intense de l’alarme. Une violente secousse le fit taire, momentanément…
« WAHAHAHAHAHA ! On va crever, Jo’ ! »
Ils étaient retenus captifs dans une cellule située dans un compartiment isolé à l’arrière de la frégate. Les minutes passèrent, et personne n’entreprit de les conduire en sécurité vers les navettes d’évacuation. Ils étaient tous deux pris au piège dans leur propre bâtiment. Johnny ne se résignait pas et tentait désespérément de déformer les barreaux.
« WAHAHAHAHAHA ! Vas-y, Jo’ la crevette ! T’vas réussir à v’nir à bout d’cet acier pur ! » Une seconde secousse, qui se fit plus violente que la première, assomma le Callaghan qui se retrouva étendu à terre : K.O.
Une troisième secousse qui vint coup sur coup après la deuxième, ébranla tout le navire, Johnny Creff fut jeté à terre et sa tête heurta violemment le sol. Par le hublot, une lumière blanche, aveuglante, se propageait de propre en proche telle une lame de fond, tandis que les frégates implosaient dans un nuage de flammes et de débris…
Cdte. Matriochka
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04/01/1018 ETU 11:01
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Le bal, conviant toutes les grandes familles clandésiennes, était organisé au grand Théâtre Rouge d’Obratsk sur Taheran, quelque part dans le système 9. Lady Matriochka, il allait de soi, était invitée, et il allait également de soi qu’il était de son devoir d’y assister en personne.
Gabi détestait toutes ces frivolités bourgeoises. C’était à la fois le lieu du pouvoir, et celui où il lui semblait le plus abstrait. Elle avait l’impression de perdre tout simplement son temps, prisonnière de ces quatre murs. Alors elle se plongea dans l’un des innombrables canapés douillets que comportait la salle et envisagea d’y rester jusqu’à ce que la fête se termine ; tant qu’à y faire, elle piquerait un somme, personne ne le remarquerait.
Gabi observait les scènes qui se présentaient à elle comme des tableaux. Dans un coin de la pièce, deux hommes masqués (lui semblait-elle) étaient juchés sur une banquette similaire à celle qu’elle avait adoptée quelques minutes plus tôt. Serotov faisait du charme au second qu’elle ne parvenait pas à reconnaître. Au Trésor, il était l’une des figures les importantes de l’Assemblée clandésienne. Qu’était-il ici ?! Son masque ridicule l’efféminait, et le voilà bientôt torse nu devant cet inconnu qui devait appartenir à une famille de notables, non d’un rang aussi prestigieux. Elle tourna la tête quand ils finirent par s’embrasser. Elle côtoyait souvent Serotov dans sa tâche du pouvoir. Ces images ne la quitteront pas ; elle préféra ne pas en voir d’avantage. Non loin d’eux, debout, toutes un verre à la main, s’égosillaient les Amazones clandésiennes sur un air actuel de Dzomba. La musique cessa un moment, et Gabi les entendit glousser. Les Amazones représentaient les filles des hauts dignitaires clandésiens qui n’étaient pas encore mariées. Elles semblaient désigner un homme seul au bar, gloussèrent de plus belle, et une entreprit de l’aborder, elle s’avança d’un pas assuré sous le regard attentif et spéculatif de ses semblables. « Pauvres filles… » se surprit-elle à murmurer, elle frotta ses yeux fatigués et concentra son attention sur le centre de la pièce. D’autres personnages paradaient en cadence sur un nouvel air de Dzomba. Vraisemblablement, ils étaient tous saouls, aux vues de l’implication démesurée qu’ils mettaient tous dans leur pas maladroits et non assurés.
Si elle parvenait à discerner toutes ces scènes, c’est que l’Assemblée n’était pas pleine. Dans les grands bals clandésiens, l’atmosphère est en temps normal irrespirable. Un tiers de l’audience lui semblait s’être volatilisé tout à coup, elle venait de s’en rendre compte. « Il manque des familles ! »
Lady Orana, sa seconde, vint lui tapoter l’épaule. « Gabi, suis-moi ! J’ai à te parler… »
Le brouhaha des foules semblait étouffé par la cloison qui les séparait toutes deux du grand hall où se tenait les mondanités. Un silence relatif régnait. Le regard de Lady Orana n’inspirait pas confiance à Gabi. Il était sombre et grave et contrastait étrangement avec l’ambiance qu’elle venait de quitter à l’instant.
« Nos frégates ont été attaquées dans le système 12 au retour de nos forces vers la planète Chennei. Ils étaient alors en train d’escorter tu sais qui…
- Quelles sont nos pertes ?!! » Elle l’interrompit brusquement.
« Nous avons perdu l’ensemble de notre flotte, je le crains…
- Le coupable ?!
- La dénommée Janne Anguard, selon les informations récoltées après l’attaque. »
Gabi tenta tant bien que mal de retenir ses larmes. Une coula, puis une deuxième… et une troisième, elle se retourna. « Bien, nous en voilà débarrassés ! » lâcha-t-elle sur un ton qu’elle voulait neutre tandis que de grosses larmes roulaient à présent sur ses joues.
« Il y a autre chose…
- Quoi donc ?!
- Quelque chose d’inimaginable, je ne l’ai pas crue moi-même en l’apprenant…
- Parle !
- Un coup d’Etat a eu lieu sur Yakohama dans le système 16.
- Comment est-ce possible ?!
- Un soulèvement religieux. Une secte a pris le contrôle de la planète. Et il se dit que la rébellion s’étend vite sur nos mondes, d’autres planètes risquent de tomber sous le joug rebelle dans les prochaines heures. C’est si soudain, si coordonné, nous avons besoin de vous, nous sommes débordés ! » Gabi Matriochka était médusée, la nouvelle la prenait totalement de court. Les yeux écarquillés, elle ne parvint qu’à souffler un inaudible « C’est incompréhensible… ».
« Ou suis-je ? »
Les paroles s’évanouirent aussitôt.
« Je suis mort, c’est ça ? » Pas de réponse…
« Réfléchissons un peu… Je pense, donc je suis… donc je suis vivant. Ah ! Je suis vivant ! » Cette maxime de philosophe, vieille comme le monde, ne suffisait pas à le convaincre du contraire.
« Il fait froid ici ! » En vérité, il était glacé.
« C’est étrange ! Et pourtant je sens mes joues qui brûlent… » Il sentit comme du sang qui coulait le long de ses lèvres craquelées. Il était assoiffé, complètement déshydraté par l’alcool. Apercevant un brin de lumière, Johnny Creff s’efforça d’ouvrir les yeux et aperçut la grosse silhouette de Callaghan penchée sur lui. Il discerna enfin une main s’élever… puis s’abattre. Noir.
Cdte. Matriochka
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08/01/1018 ETU 22:54
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« C’est incompréhensible… »
Cette nouvelle sonnait le glas d’un certain idéal pour Gabi : parachever l’unification de son peuple. Elle se remémorait l’histoire. L’histoire que son oncle lui contait étant petite.
L’histoire d’hommes et de femmes qui avaient fait un choix de société : la force de l’émancipation plutôt que l’austérité de l’ordre. Ils avaient placé l’épanouissement de l’individu au sein du collectif au sommet de leurs idéaux. Evoluant dans un monde strictement hiérarchisé, dont seuls les individus qui s’en sortaient le mieux parvenaient à jouir de leurs libertés fondamentales (hypocrite idéal que défendaient corps et âme les pouvoirs publics), ces âmes éprises de liberté se sont retrouvées marginalisées. En effet mises à l’écart par l’artefact de société qui les englobait. Cependant, cette contre-société offerte par ces frères et ces sœurs grandit, rassembla, se structura tandis qu’elle devenait une réalité. Elle se comportait comme une sape pour l’artefact qui régnait : un autre monde était possible, mieux encore, il était souhaitable. D’abord, des milliers d’âmes, puis des millions, enfin des milliards se rallièrent, à la consécration, des mondes entiers. Or, l’artefact n’abdiqua pas. Pour survivre, il devait détruire cette contre-société. Subrepticement, il instaura toutes les prédispositions menant à son éclatement de l’intérieur. Il la maintint dans la clandestinité, ne concéda pas de terrain à son idéologie, la tint à son concept utopique. Une certaine radicalité naissait, la contre-société ne pouvait plus dorénavant remplacer l’artefact, elle devait elle aussi le détruire. Nous en étions là. Une seule alors pouvait encore prétendre survivre à l’autre. La contre-société implosa ; l’artefact régnerait encore pour longtemps.
Une vague d’attentats effaça la période des grands rassemblements citoyens et balaya tous les espoirs d’une révolution tranquille. Le mouvement se divisa, se morcela ; l’artefact agglomérait de nouveau autour de lui. Le parti de l’ordre venait de remporter la bataille. Un tiers se rallia, un autre tiers le combattit jusqu’à sa perte, et le dernier tiers largua les amarres ; à défaut d’enterrer l’artefact, ils bâtiraient de nouveau à l’ombre de celui-ci.
« Ce pourrait-il que ce monde ne soit en définitive pas viable ?! »
Elle était à présent sûre d’une chose : l’artefact les avait poursuivis jusqu’ici, et il continuait de manipuler les ficelles ici-bas. Ils n’auraient aucun répit.
Lady Orana embarquait dans le transporteur. Elle contemplait l’immense Théâtre Rouge d’Obratsk qui dominait l’acropole. Ses yeux ne se posèrent pas sur le cargo qui stationnait sur le parvis du monument, ils se perdirent dans le profond de la nuit…
Gabi Matriochka restait pensive dans sa loge quand sa Seconde la quitta. Pas un mot n’accompagna sa sortie. A présent, elle devait être en train d’informer ses fidèles collaborateurs des mauvaises nouvelles en provenance des systèmes 7 et 16 du secteur. Beaucoup tomberaient de haut en apprenant la gravité de la situation. Un autre transporteur avait été affrété pour les conduire au poste de commande de Taheran, les nouvelles allaient vite, la chaîne de commandement devait être opérationnelle au plus tôt pour ne pas se retrouver totalement dépassée par les événements.
(…)
Un silence inquiet parcourut la cabine, tout sembla se taire l’espace d’un instant, et puis vint la formidable déflagration qui ravagea et embrasa l’acropole toute entière.
(...)
La nuit se pourprait dans un crépitement sans fin, tel l'abîme des idéaux clandesiens.

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